> L'histoire
Anatole, Sylvie, Sifflet et Paulo : Ceux d'ailleurs
Ils vivent enfermés dans une grande volière.
Comment et pourquoi sont ils arrivés là ? Nous n'en saurons rien, mais leurs rituels méticuleux laissent deviner des lambeaux de leur histoire. On peut le supposer : ils n'ont pas leur place dans notre monde. Ils ont été mis à l'écart, au rebut.
Depuis le temps qu'ils sont là, ils se sont réinventé un mode de vie. Comme un drame social et à l'image de personnes vivant dans une situation précaire, ces personnes ne se révoltent pas.
Ils subissent cet enfermement. Cette cage étriquée est même devenue une carapace d'où ils portent sur le monde extérieur un regard apeuré.
Ils s'abritent dans une cabane, se nourrissent de presque rien et soignent comme des trésors les quelques vestiges d'objets dont ils disposent pour organiser leur petit monde.
Tout se déglingue. Même le langage est devenu un grommelot informe d'où émergent ici ou là un mot ou une phrase.
Entre chaos et fantaisie poétique, entre ironie et cruauté, leur quotidien se balance, dans une promiscuité d'où surgit parfois le comique ou le burlesque.
Le spectateur devient confident, voyeur, anthropologue de ce microcosme.
Entre ces quatre personnages s'établissent des relations où les hiérarchies de pouvoir, la maladresse, la mesquinerie sont exacerbées. Parfois affleurent des sentiments plus doux et des espérances insensées.